ENGELMAN

Les tableaux de Piet Engelman  par leur qualité picturale personnelle échappent à l’appartenance  d’un genre, d’un style. Ils rendent hommage à la vue et sont d’une fidélité imperturbable au principe de la joie. Sur les tableaux, le désir de liberté aboutit à des motifs arcadiens, à des couleurs libres tout comme à une composition rythmique de l’oeuvre.

Les estompes de couleur impressionnistes et légères ne restituent pas un espace en profondeur, mais une structure dense même avec les ouvertures entre les taches. Jamais il n’est question d’abstraction pure, les éléments décoratifs sont étroitement lies aux aplats ; la joie de l’embellissement est réalisé avec charme et sincérité.

Pour ainsi dire l’abstraction décorative est complétée de façon  ornementale par la couleur qui dans sa force et  sa plénitude coordonne objets et détails, la couleur qui rayonne avec  intensité,n’en demeure pas moins de  la matière et ne se corrompt pas avec l’ornemental.

Les tableaux traduisent d’avantage les sentiments du peintre que la réalité, ils sont en quête du bonheur et représentent la joie de la peinture libre de toute contrainte. Un instant de bonheur immortalise.

Dr Gabrielle Fhar-Becher Sterner

Historienne de l’Art (Munich).

LACHARTRE

Les gondoles rêvées d’Alain Lachartre

Loin du réel, laissez-le vous guider au cœur de son univers fantasque. Dans son sillage, vous croiserez forcément des crocodiles énigmatiques – ou des caïmans obscurs, des alligators ténébreux, voire des gavials hermétiques… Mais qu’importent les noms ! Puisqu’en bonus, ce show dessiné vous dévoilera des vachettes fleur bleue, des cachalots héroïques, des poissons-lanternes mystérieusement remontés des abysses. Dans ce spectacle fantastique, croiseront sous vos yeux des barques latines et des drakkars barrés par des marins mi-pêcheurs mi-pénitents, sous un ciel noirci par un envol de derviches tourneurs. Et, maestro de cet orchestre graphique, un Diavolo en cape rouge mènera la symphonie…

Tel est le monde secret que dévoile Alain Lachartre. Une alchimie fantasmagorique où, comme dans tout ce qui commence par « Il était une fois », la cruauté et la tendresse s’équilibrent. Même si cette dernière, servie par la palette des couleurs aquarellées, le sens du détail et l’habileté du trait, a la part belle. Derrière se cache forcément un humour de haute volée. « Improbable bestiaire, onirisme marin », « Équilibres fragiles », « La valise égyptienne », « Cruelles fééries » titres de ses précédentes expositions – étaient là pour le prouver. Aujourd’hui, Alain Lachartre donne à nouveau la mesure de son regard faussement naïf, pictural, onirique. Regard que ce dessinateur merveilleux a nourri depuis son enfance, vécue entre Istanbul, Rome, Versailles – trois villes bien sûr impossibles à dissocier de Venise. Aussi, chaque bateau né de la plume d’Alain Lachartre prend naturellement le profil d’une gondole.

Ses dessins sont des périples à partager, à s’approprier, à investir de ses rêveries. Féru de voyages, Alain Lachartre aime tremper ses pinceaux dans l’eau du Nil ou du Bosphore, dans la lagune de la Sérénissime, ou dans cette mer battant les ors de la pagode de Moulmein. Qu’il soit auteur de nombreux ouvrages consacrés à la bande dessinée, au dessin, à la pub, tombe sous le sens : durant plus de trente ans, ce concepteur-créateur a posé sa marque sur l’univers de l’illustration. Aujourd’hui, il puise dans son imaginaire pour en restituer le meilleur et le plus intime.

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